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GERONTOLOGIE, AGE ET HANDICAP (SUITE)
LE 26 MARS 2003, 14 H 30

Présidence
Pr Joël BELMIN, coordinateur des enseignements gérontologiques ( Université Paris13)
Gérard CORNET, Secrétaire gérontechnologie de la SFGG, DU Ingénierie du vieillissement (IUP Ville et Santé, Université Paris13), expert auprès de la Commission européenne.

  • En partenariat avec la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie (SFGG), l'IUP Ville et Santé (Bobigny) et l'Institut Universitaire de Gérontologie Yves MEMIN (Paris XIII) et la Fédération Nationale de Gérontologie (FNG).

I. LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION AU SERVICE DES SOINS GERIATRIQUES

  • Modérateur :
    Jean Michel HOTE, secrétaire général FNG.Discutants:
    · Christiane IVERSEN, fondation Favier, Bry-sur-Marne
    · Paul MALOISEL, membre du CNRPA, Paris



1. Informatisation des structures gériatriques :

"PACE 2000", 2ème prix de la gérontologie.

Le professeur André BONNIN (Pr au centre Béclère, faculté de médecine, Paris 6ème) et le Dr Marie Madeleine BERNARD présentent le goniomètre de visioconférence et Mode Personnel vidéo - interactif disponibles pour personne en perte d'autonomie.

Le principe :
Un lien à un service personnalisé de visioconférence (VC) en temps réel est fourni aux personnes âgées confinées au domicile. Cette station adaptée offre un lien avec des centres de soins et d'autres organismes communautaires tels que garderies, écoles, universités, centre d'immigration… Par ailleurs, les utilisateurs peuvent participer à des programmes récréatifs, linguistiques, éducatifs ou d'échanges inter - culturels avec des étudiants.
Deux modules de VC ont été conçus par la Fondation internationale PACE 2000 et disposent d'un brevet : le goniomètre de VC du Mode Hospitalier et le goniomètre du Mode Personne (possibilité d'avoir un affichage personnalisé et un accès simplifié pour les personnes en perte d'autonomie).
  • Intérêt du projet :
    Thérapeutique : le goniomètre permet de réaliser une mesure automatisée de l'amplitude des mouvements articulaires. Pendant la télémesure, la communication interactive patient - évaluateur est maintenue ce qui permet au kinésithérapeute de réévaluer à distance.
    Humain : la possibilité de se connecter à un "village virtuel inter - générationnel" est un facteur de motivation de la personne âgée pour utiliser la VC et développer ses relations sociales.
- Coût : si en 1997 l'installation était encore peu accessible, depuis on a constaté une baisse des prix facteur 4.

2. Informatisation de la prescription
  • Le Pr BELMIN (Hôpital Charles Foix, Ivry sur Seine) a présenté l'expérience de 2 services de gériatrie de la région parisienne.
  • les gériatres du service ont décidé de mettre en place les prescriptions informatisées afin de réduire le temps passé pour les prescriptions médicamenteuses dans un contexte particulier (un grand nombre de malades par médecin, une longue durée de séjour moyenne, un grand nombre de lignes de prescription sur la même ordonnance…).
    Ce mode de prescription trouve tout son intérêt dans le cas de modification du traitement ce qui suppose la rédaction d'une nouvelle ordonnance.
  • Dans ce premier système, le prescripteur prescrit par poste fixe en étant connecté à un serveur auquel les autres professionnels sont reliés.Une étude qualitative du système réalisé sur un échantillon de 25 patients (avec des ordonnances rédigées d'abord sur le papier puis informatisées) a montré la très grande conformité des ordonnances produites du point de vue du contenu formel : mention de l'identité complète du patient (prénom et nom, sexe, âge…), de son poids, et généralement une bonne lisibilité globale.

Par ailleurs, l'évaluation des médecins et du personnel infirmier montre que le système est très bien accepté et son utilité reconnue en terme de gain de temps, de sécurité et de lisibilité.


3. Télémédecine en hospitalisation à domicileð Dr Lydie NICOLAS, praticien hospitalier, département de médecine gériatrique, CHU de Grenoble.Le réseau d’Hospitalisation à Domicile de Grenoble (HAD) a participé au programme de recherche ViSaDom.· Principe de la visiophonie utilisée à domicile :


Cette technique consiste à installer un appareil de visiophonie, équipé d'une caméra pilotable depuis le siège de l'HAD, au lit du patient afin d'établir une communication orale et visuelle entre le domicile et le service hospitalier.
Cette communication peut être initiée par le malade à domicile ou par le soignant à l’HAD. Le patient appelle et demande à être mis en relation avec un soignant. Après 18 heures, seule la communication phonique est possible.
Pour garantir le respect de l'intimité, c’est le patient qui initie ou répond à un appel provenant de l’HAD et il peut contrôler ce qu'il montre de son domicile sur l’écran de l’ordinateur.· Les types de soins réalisés par télémédecine :


- des soins techniques. Ex : surveillance du bon déroulement d'une perfusion, d’une nutrition parentérale ou entérale
- un suivi des plaies à domicile : évaluation des escarres et des brûlures
- une éducation du patient et de son entourage pour certains gestes


- une transmission des ordonnances…· Evaluation du dispositif :


Pour déterminer l'intérêt de ViSaDom, une étude a été réalisée auprès de 32 patients dont 16 ont constitué le groupe télémédecine et les16 autres, le groupe témoin.Parmi les observations significatives qui ont été faites, on peut noter :


- Les communications sont initiées à 54 % par l’HAD, à 49 % par le patient,
- Le temps de communication est court : 6 minutes en moyenne,
- Le nombre d'appels est indépendant de la durée et de la fréquence des passages soignants,
- En moyenne, les patients en soins palliatifs utilisent plus la visiophonie que les autres patients,
- Les communications consistent en transmission d'informations médicales et logistiques, en aide à l'éducation du patient, en coordination en temps réel entre les différents intervenants.
- le niveau d'anxiété, mesuré avec l’échelle HADs (Hospital Anxiety Depression scale) est significativement plus élevé pour les personnes du groupe témoin que pour celles du groupe télémédecine.L'expérimentation confirme donc la faisabilité et l'acceptabilité de la communication par visiophonie pour la personne âgée. Elle satisfait aussi bien les patients que les soignants notamment par une optimisation des soins, une coordination en temps réel, la baisse notable de l'anxiété du patient et l'aide apportée pour l'éducation, le diagnostic et le suivi des soins techniques.


4. Actimétrie François STEEKESTE, INSERM, Toulouse.· Définition de l'actimétrie :

Mesure de l'activité d'un patient au cours d'une journée :- Activité au lit : étude du sommeil, prévention des escarres,
Réalisée par des capteurs disposés dans le matelas.- Activité déambulatoire :

télésuivi de l'état de santé du patient, étude comportementale, étude de l'effet des médicaments sur le comportement, etc.

Réalisée par les technologies "embarquée" et "environnementale".La technologie embarquée donne des indications sur l'état du patient et signale les chutes et les fugues par un système d'alarme. Pour ce faire, des capteurs sont situés dans le sol de l'habitat du patient et permettent de détecter les chocs dus aux chutes. Toutefois, ces capteurs ne permettent pas de localiser ni de mesurer les déplacements.· Technique utilisée pour estimer l'activité :


Des capteurs infrarouges sont disposés dans les pièces et fournissent des informations traitées par un système informatique. Il en résulte un diagramme qui synthétise l'activité réalisée par le patient tout au long de la journée.·

  • Avantage de l'actimétrie :
    - Suivre à distance les personnes âgées dépendantes permet de connaître leur comportement nocturne et d'adapter les traitements en conséquence,
    - Apporter une meilleure sécurité à la personne et à sa famille,
    - Respecter l'intimité de la personne,
    - Suppléer au manque de personnel soignant.

5. Attentes et réalisation dans un centre hospitalierð P. LUTZLER, gériatre à l'IUP de Bobigny et au CH d'Embrun, coordonnateur du DUIV, présente ses réalisations, en l'absence de M. BRANDITTINI, C. VERNIER et M. POVEDA, chefs des services des urgences, radiologie et SSR.Au CH d'Embrun, 2 technologies de télémédecine ont été utilisées : le transfert d'image et la téléconférence. · Modalités de fonctionnement des technologies :


- Le service transmet par Internet des clichés radiologiques aux chirurgiens des établissements voisins.
- En 2001, l'acquisition d'un matériel de visioconférence (VC) multisites a permis d'organiser des staffs médicaux et des réunions multidisciplinaires avec les établissements voisins.· Deux objectifs sont visés :
- améliorer les stratégies de prise en charge des patients et notamment le délai d'attente,
- faciliter la prise en charge de proximité.· Les résultats obtenus sont positifs :
- Qualitatifs : une meilleure gestion : des transferts inter - établissements, des interventions en urgence, des consultations externes et de la collaboration inter - établissement.
- Financiers : baisse des coûts de transport des patients. · Les limites de la télémédecine :
- Humaine : la technologie ne peut pas remplacer la relation au médecin,
- Technique : la formation des médecins est incomplète,
- Financière : pas de reconnaissance des techniques utilisées en terme de sécurité sociale.


II. PARTAGE DES CONNAISSANCES ET TECHNOLOGIESDiscutants:

  • Laurent WAJS, Institut national pour la retraite active, Paris
  • Pr Alain FRANCO, chef du département médecine gériatrique, CHU de Grenoble.
  1. Le développement de la formation gérontechnologiqueð Gérard CORNET, secrétaire gérontechnologie de la SFGG, DU Ingénierie du vieillissement ( Université Paris13) expert auprès de la Commission européenne / Dr Pierre LUTZLERDans le contexte du vieillissement de la population, l'utilisation des gérontechnologies prend tout son sens. Elles contribuent à la prévention sanitaire, au suivi des pathologies chroniques à domicile, à la prévention de l'isolement, au maintien de l'autonomie, et ce dans l'intérêt de multiples acteurs : famille, aidants naturels, soignants, financeurs…
  2. Cependant, leur utilisation ne va pas de soi : elles nécessitent une approche pluridisciplinaire qui place l'usager au centre d'une démarche consistant à répondre à ses besoins. Le DU "ingénierie du vieillissement" que nous avons créé en 1998 sous la direction pédagogique du Pr Pierre CORNILLOT a pour objectif de former les professionnels et les aidants pour accompagner la mutation technologique sans perdre de vue la place fondamentale de l'usager.
    A cette fin, cet enseignement modulaire privilégie l'approche pluridisciplinaire pour optimiser, soutenir, relayer le contact humain - et non le remplacer - grâce aux technologies. Actuellement, un projet un "reformatage" du DU en 2 diplômes interuniversitaires complémentaires d'un an, en partenariat avec d'autres universités, est à l'étude dans la perspective de la normalisation des diplômes européens.

 


2. Le potentiel de l'université virtuelle et son application à la formation gérontechnologique et gériatrique des communautés d'usagersð Pr Albert - Claude BENHAMOU, chargé de mission pour le développement de l'Université virtuelle francophone (Education nationale, Recherche), CHU Pitié - Salpetrière, Paris.ð Discutants : Laurent WAJS, INRAC, Paris / Pr Alain FRANCO chef du département de médecine gériatrique, CHU de Grenoble.· Les prémisses du E-learning :


La communication à travers des systèmes distanciels est déjà une réalité universitaire mondiale.
En France, le CNED forme des milliers d'élèves par an. Certaines universités dispensent une formation à distance. Ainsi Paris I, Sorbonne, obtient 60 % de réussite à son diplôme ce qui montre que ce type de formation est parfois bien meilleur que la formation classique.· "L'université virtuelle francophone" :


Ce projet consiste à mettre en commun l'ensemble des fonds universitaires français afin de mettre en place une "cyber U". Il a pour ambition de permettre à chacun de pouvoir se former et se reformer tout au long de la vie en France comme dans les pays francophones.


Un site de l'éducation nationale permet déjà aux étudiants de suivre des enseignements à distance tout en étant suivis par des enseignants. Par ailleurs, une "université gérontologique française" virtuelle est en projet. CONCLUSION : réflexion sur l'éthique et les gérontechnologiesð Pierre CORNILLOT, Pr émérite des Universités.Les progrès de la technologie développent un risque pour la personne âgée laquelle peut ne devenir que l'objet d'application de ces techniques au lieu d'en rester le sujet.

Les gérontechnologies peuvent déshumaniser en s'interposant dans la relation que noue la personne prise en charge, avec le soignant. Elles peuvent faire oublier l'écoute, la conversation au profit de l'application technique.La vision de la vieillesse dans notre société induit ce risque :

la personne âgée se définit négativement par l'âge atteint et les défaillances qui en résultent, alors qu'elle représente tout autant un acquis (une identité et une histoire) dont on ne peut pas faire l'impasse. L'éthique des gérontechnologies implique donc de replacer l'ordre des choses sur le plan de l'individu et de ses valeurs. Pour ce faire, il est nécessaire de partir des besoins de la personne âgée pour voir quel usage on peut faire des technologies et non l'inverse. De plus, il faut prendre garde à ne pas transformer en "forteresses technologiques vides" les établissements qui prennent en charge les personnes âgées.




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