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Le professeur André BONNIN (Pr au centre Béclère, faculté de médecine, Paris 6ème) et le Dr Marie Madeleine BERNARD présentent le goniomètre de visioconférence et Mode Personnel vidéo - interactif disponibles pour personne en perte d'autonomie.
Par ailleurs, l'évaluation des médecins et du personnel infirmier montre que le système est très bien accepté et son utilité reconnue en terme de gain de temps, de sécurité et de lisibilité.
Cette technique consiste à installer un appareil de visiophonie,
équipé d'une caméra pilotable depuis le siège
de l'HAD, au lit du patient afin d'établir une communication orale
et visuelle entre le domicile et le service hospitalier.
Cette communication peut être initiée par le malade à
domicile ou par le soignant à l’HAD. Le patient appelle et
demande à être mis en relation avec un soignant. Après
18 heures, seule la communication phonique est possible.
Pour garantir le respect de l'intimité, c’est le patient
qui initie ou répond à un appel provenant de l’HAD
et il peut contrôler ce qu'il montre de son domicile sur l’écran
de l’ordinateur.· Les types de soins réalisés
par télémédecine :
- des soins techniques. Ex : surveillance du bon déroulement d'une
perfusion, d’une nutrition parentérale ou entérale
- un suivi des plaies à domicile : évaluation des escarres
et des brûlures
- une éducation du patient et de son entourage pour certains gestes
- une transmission des ordonnances…· Evaluation du dispositif
:
Pour déterminer l'intérêt de ViSaDom, une étude
a été réalisée auprès de 32 patients
dont 16 ont constitué le groupe télémédecine
et les16 autres, le groupe témoin.Parmi les observations significatives
qui ont été faites, on peut noter :
- Les communications sont initiées à 54 % par l’HAD, à 49 % par le patient,
- Le temps de communication est court : 6 minutes en moyenne,
- Le nombre d'appels est indépendant de la durée et de la fréquence des passages soignants,
- En moyenne, les patients en soins palliatifs utilisent plus la visiophonie que les autres patients,
- Les communications consistent en transmission d'informations médicales et logistiques, en aide à l'éducation du patient, en coordination en temps réel entre les différents intervenants.
- le niveau d'anxiété, mesuré avec l’échelle HADs (Hospital Anxiety Depression scale) est significativement plus élevé pour les personnes du groupe témoin que pour celles du groupe télémédecine.L'expérimentation confirme donc la faisabilité et l'acceptabilité de la communication par visiophonie pour la personne âgée. Elle satisfait aussi bien les patients que les soignants notamment par une optimisation des soins, une coordination en temps réel, la baisse notable de l'anxiété du patient et l'aide apportée pour l'éducation, le diagnostic et le suivi des soins techniques.
Mesure de l'activité d'un patient au cours d'une journée
:- Activité au lit : étude du sommeil, prévention
des escarres,
Réalisée par des capteurs disposés dans le matelas.-
Activité déambulatoire :
télésuivi de l'état de santé du patient, étude comportementale, étude de l'effet des médicaments sur le comportement, etc.
Réalisée par les technologies "embarquée" et "environnementale".La technologie embarquée donne des indications sur l'état du patient et signale les chutes et les fugues par un système d'alarme. Pour ce faire, des capteurs sont situés dans le sol de l'habitat du patient et permettent de détecter les chocs dus aux chutes. Toutefois, ces capteurs ne permettent pas de localiser ni de mesurer les déplacements.· Technique utilisée pour estimer l'activité :
Des capteurs infrarouges sont disposés dans les pièces et fournissent des informations traitées par un système informatique. Il en résulte un diagramme qui synthétise l'activité réalisée par le patient tout au long de la journée.·
5. Attentes et réalisation dans un centre hospitalierð P. LUTZLER, gériatre à l'IUP de Bobigny et au CH d'Embrun, coordonnateur du DUIV, présente ses réalisations, en l'absence de M. BRANDITTINI, C. VERNIER et M. POVEDA, chefs des services des urgences, radiologie et SSR.Au CH d'Embrun, 2 technologies de télémédecine ont été utilisées : le transfert d'image et la téléconférence. · Modalités de fonctionnement des technologies :
- Le service transmet par Internet des clichés radiologiques aux chirurgiens des établissements voisins.
- En 2001, l'acquisition d'un matériel de visioconférence (VC) multisites a permis d'organiser des staffs médicaux et des réunions multidisciplinaires avec les établissements voisins.· Deux objectifs sont visés :
- améliorer les stratégies de prise en charge des patients et notamment le délai d'attente,
- faciliter la prise en charge de proximité.· Les résultats obtenus sont positifs :
- Qualitatifs : une meilleure gestion : des transferts inter - établissements, des interventions en urgence, des consultations externes et de la collaboration inter - établissement.
- Financiers : baisse des coûts de transport des patients. · Les limites de la télémédecine :
- Humaine : la technologie ne peut pas remplacer la relation au médecin,
- Technique : la formation des médecins est incomplète,
- Financière : pas de reconnaissance des techniques utilisées en terme de sécurité sociale.
La communication à travers des systèmes distanciels est
déjà une réalité universitaire mondiale.
En France, le CNED forme des milliers d'élèves par an. Certaines
universités dispensent une formation à distance. Ainsi Paris
I, Sorbonne, obtient 60 % de réussite à son diplôme
ce qui montre que ce type de formation est parfois bien meilleur que la
formation classique.· "L'université virtuelle francophone"
:
Ce projet consiste à mettre en commun l'ensemble des fonds universitaires français afin de mettre en place une "cyber U". Il a pour ambition de permettre à chacun de pouvoir se former et se reformer tout au long de la vie en France comme dans les pays francophones.
Un site de l'éducation nationale permet déjà aux
étudiants de suivre des enseignements à distance tout en
étant suivis par des enseignants. Par ailleurs, une "université
gérontologique française" virtuelle est en projet.
CONCLUSION : réflexion sur l'éthique et les gérontechnologiesð
Pierre CORNILLOT, Pr émérite des Universités.Les
progrès de la technologie développent un risque pour la
personne âgée laquelle peut ne devenir que l'objet d'application
de ces techniques au lieu d'en rester le sujet.
Les gérontechnologies peuvent déshumaniser en s'interposant
dans la relation que noue la personne prise en charge, avec le soignant.
Elles peuvent faire oublier l'écoute, la conversation au profit
de l'application technique.La vision de la vieillesse dans notre société
induit ce risque :
la personne âgée se définit négativement par l'âge atteint et les défaillances qui en résultent, alors qu'elle représente tout autant un acquis (une identité et une histoire) dont on ne peut pas faire l'impasse. L'éthique des gérontechnologies implique donc de replacer l'ordre des choses sur le plan de l'individu et de ses valeurs. Pour ce faire, il est nécessaire de partir des besoins de la personne âgée pour voir quel usage on peut faire des technologies et non l'inverse. De plus, il faut prendre garde à ne pas transformer en "forteresses technologiques vides" les établissements qui prennent en charge les personnes âgées.
©1999 PACE 2000 International Fondation
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